Les liens entre la Russie et l'extrême droite européenne
Un argumentaire documenté
L'instrumentalisation de l'extrême droite européenne par la Russie constitue l'une des dimensions les plus préoccupantes de la stratégie d'influence du Kremlin. Cette relation, documentée par de nombreuses enquêtes journalistiques et rapports de renseignement, s'articule autour de quatre axes principaux : le financement direct, l'influence idéologique, les opérations de désinformation et les objectifs stratégiques à long terme.
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Le financement direct : Des prêts russes aux partis d'extrême droite
La France et le Rassemblement National
Selon les sources journalistiques, le cas du Rassemblement National (RN) serait emblématique. En 2014, le parti alors dirigé par Marine Le Pen aurait obtenu deux prêts russes pour un montant total de 11 millions d'euros : 9 millions d'euros pour le parti via la First Czech Russian Bank, et 2 millions d'euros pour le microparti de Jean-Marie Le Pen. Selon les enquêtes, ces prêts, négociés par Jean-Luc Schaffhauser avec Alexandre Babakov, sénateur russe et conseiller de Vladimir Poutine, auraient été contractés au moment même de l'annexion de la Crimée.[1][2][3]
Selon les rapports, la First Czech Russian Bank présenterait un profil particulièrement suspect : créée en République tchèque en 1996, elle aurait déménagé son siège à Moscou et aurait fait faillite deux ans après avoir accordé ces prêts, sa licence tchèque ayant été révoquée pour violations des règles anti-blanchiment. Selon les enquêtes, la créance de 9,4 millions d'euros aurait ensuite été transférée à Aviazapchast, une société aéronautique russe que les sources présentent comme liée aux services secrets russes et active en Syrie. Selon les analyses, cette succession de transferts suggérerait que ces prêts n'étaient pas de simples opérations commerciales, mais constitueraient un mécanisme de financement politique déguisé.[3][1]
Marine Le Pen a justifié ces emprunts par le refus systématique des banques françaises et européennes de financer son parti. Cependant, selon les révélations de Mediapart, des SMS échangés en mars 2014 entre Jean-Marie Le Pen et son trésorier Wallerand de Saint-Just évoqueraient un mystérieux "remerciement" à adresser "aux Français" au sujet du référendum en Crimée, soulevant selon les journalistes la question des contreparties politiques. En 2022, selon les sources, le RN aurait obtenu un nouveau prêt de 10,7 millions d'euros auprès de la banque hongroise MKB, proche de Viktor Orban, après l'interdiction faite aux partis en 2017 de contracter des emprunts hors de l'Union européenne.[1]
L'Italie et la Lega de Salvini
Selon les sources journalistiques, le cas italien révélerait une tentative d'influence financière. En octobre 2018, lors d'une visite officielle de Matteo Salvini à Moscou, son proche collaborateur Gianluca Savoini aurait participé à une réunion à l'Hôtel Metropol. Selon les enregistrements audio de cette rencontre, publiés par Buzzfeed et l'Espresso, la négociation d'un accord pétrolier entre des représentants russes et italiens viserait à détourner jusqu'à 65 millions de dollars.[4][5][6][7]
Selon les révélations, le mécanisme serait sophistiqué : une société pétrolière russe aurait vendu du carburant à l'entreprise énergétique italienne ENI avec une décote substantielle via des intermédiaires, et cette remise aurait été secrètement canalisée vers la Lega pour financer sa campagne électorale européenne de 2019. Selon les enquêtes ultérieures, les investigations auraient identifié Andrey Kharchenko, présenté comme un agent du FSB (services de renseignement russes), comme l'opérateur russe derrière cette tentative. Bien que l'accord n'ait selon les sources jamais été finalisé, il illustrerait selon les analyses la volonté russe de financer directement un parti européen au pouvoir.[5][7][4]
L'Autriche et le FPÖ : Le scandale d'Ibiza
Selon les sources, le Parti de la liberté autrichien (FPÖ) entretiendrait des liens avec la Russie depuis les années 2000. En décembre 2016, le FPÖ aurait signé un accord d'amitié avec Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, visant à "faciliter l'expansion et l'approfondissement de la coopération multilatérale" entre les pays. Cette proximité aurait été exposée par le scandale d'Ibiza en 2019, lorsqu'une vidéo aurait révélé Heinz-Christian Strache, alors vice-chancelier et chef du FPÖ, en train d'offrir selon les révélations des contrats publics à une personne se présentant comme la nièce d'un oligarque russe en échange d'un soutien financier à son parti.[8][9][10]
Selon les enquêtes ultérieures, d'autres connexions auraient été révélées. Hans-Jörg Jenewein et Egisto Ott, deux figures du FPÖ, auraient selon les sources eu des liens avec le scandale Wirecard et auraient transmis des informations sensibles à des intérêts russes, notamment selon les révélations la formule de l'agent neurotoxique Novitchok. Selon les informations publiques, Karin Kneissl, ancienne ministre des Affaires étrangères du FPÖ, aurait déménagé en Russie en 2023 et ferait selon les sources actuellement l'objet d'enquêtes. Herbert Kickl, l'actuel chef du FPÖ, nie toute proximité avec la Russie, invoquant la neutralité constitutionnelle de l'Autriche, mais selon les analyses, les éléments documentés de ces connexions soulèveraient des préoccupations quant à l'influence russe sur un parti potentiellement appelé à gouverner.[10][8]
L'Allemagne et l'AfD
Selon les sources, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) aurait développé des relations avec la Russie depuis sa fondation. Plus de 100 voyages d'élus AfD en Russie auraient été documentés jusqu'en 2021, dont beaucoup constitueraient selon les analyses des provocations : visites en Crimée annexée, en Lougansk et Donetsk occupés, participation à des missions d'observation électorale que certains considèrent comme servant à légitimer des scrutins manipulés. Selon les sources, Stefan Keuter, député AfD, aurait qualifié les élections présidentielles russes de 2018 de "libres, égales et secrètes", offrant selon les analyses une caution démocratique à un processus largement considéré comme truqué.[11]
Selon les enquêtes menées par plusieurs médias allemands (Der Spiegel, ARD, Süddeutsche Zeitung, Correctiv), des membres de l'AfD figureraient parmi les personnes entretenant selon les révélations des liens avec des politiciens russes et recevant selon les sources des avantages financiers, selon une investigation de l'OCCRP sur l'Agence internationale pour la politique actuelle russe. Selon les documents, des voyages sponsorisés par l'argent russe auraient été documentés, et plusieurs conseillers du parti auraient selon les enquêtes des connexions russes, certains détenant même la double nationalité russe-allemande.[12][13][11]
Selon les services de renseignement intérieur allemands, la Russie tenterait de déstabiliser le système démocratique allemand à plusieurs niveaux, et les narratifs russes seraient selon leurs rapports diffusés par des éléments de l'AfD, contribuant selon leurs analyses à l'expansion de l'extrémisme de droite. Selon Thomas Haldenwang, chef du service, ces connexions représenteraient selon ses déclarations une menace pour la sécurité nationale allemande.[12]
Le réseau oligarchique : Konstantin Malofeev et les intermédiaires russes
Le rôle central de Malofeev
Konstantin Malofeev, surnommé "l'oligarque orthodoxe" selon les sources, serait présenté comme une figure centrale du financement russe de l'extrême droite européenne. Avec une fortune estimée à 225 millions de dollars selon les sources, Malofeev a été sanctionné par l'UE et les États-Unis dès 2014 pour son rôle présumé dans l'annexion de la Crimée et le financement de groupes paramilitaires pro-russes en Ukraine orientale. Selon les services de renseignement américains, il serait considéré comme le "bras droit de Poutine pour les opérations d'interférence politique en Europe".[14][15]
Selon les sources, Malofeev aurait joué un rôle dans l'obtention du prêt de 11 millions d'euros accordé à Marine Le Pen. Propriétaire de Tsargrad TV, une chaîne orthodoxe ultranationaliste, il aurait selon les enquêtes servi d'intermédiaire entre les partis d'extrême droite européens et de hauts responsables politiques russes, notamment Konstantin Kosachev, président du Comité des affaires étrangères du Conseil de la Fédération. Selon les documents obtenus par le Dossier Center, Tsargrad aurait organisé des réunions entre politiciens européens et Alexandre Dugin, le philosophe russe de l'eurasianisme et partisan de longue date de la conquête russe de l'Ukraine.[16][14]
Financement des mouvements anti-droits
Selon les sources, entre 2009 et 2018, au moins 186,7 millions de dollars de financement oligarchique russe pour des causes "anti-genre" seraient entrés en Europe. Selon les révélations, Malofeev, via son représentant Alexey Komov au World Congress of Families (WCF), aurait canalisé des fonds vers des organisations européennes et américaines opposées aux droits LGBT+ et à l'égalité des genres. Selon les analyses, le WCF, coparrainé par Malofeev et Vladimir Yakunin (présenté comme ancien officier du KGB et ex-chef des Chemins de fer russes), servirait de plateforme pour coordonner les mouvements conservateurs à travers le monde.[15][14][16]
Selon les sources, ce réseau de financement ne se limiterait pas aux grandes organisations. En février 2017, selon les révélations, des courriels piratés auraient révélé que Malofeev finançait les efforts d'Alexandre Usovsky, militant biélorusse pro-Kremlin, pour organiser des manifestations et soutenir des groupes politiques pro-Kremlin en Europe centrale et orientale. Selon les sources, Usovsky aurait transféré des fonds au parti hongrois d'extrême droite Jobbik ainsi qu'à l'organisation paramilitaire Magyar Gárda. Selon les révélations, Malofeev aurait exigé en retour "un plan clair, concret et réaliste pour l'arrivée au pouvoir de forces pro-russes".[17]
L'affaire Voice of Europe (2024)
Selon les sources, l'opération Voice of Europe représenterait un exemple récent d'influence financière russe présumée. En mars 2024, selon les informations officielles, les autorités tchèques auraient sanctionné ce site d'information basé à Prague pour diffusion de propagande russe présumée et tentative présumée d'influencer les élections européennes. Selon les révélations, Voice of Europe aurait versé des centaines de milliers d'euros – jusqu'à 1 million par mois selon certaines estimations – à des dizaines de politiciens d'extrême droite dans au moins six pays européens : Allemagne, France, Pologne, Belgique, Pays-Bas et Hongrie.[18][19]
Selon les enquêtes, financé par Viktor Medvedchuk, présenté comme oligarque ukrainien pro-russe et ancien conseiller proche de Poutine, Voice of Europe aurait selon les révélations payé des eurodéputés pour diffuser des sentiments anti-Ukraine et influencer les élections de juin 2024. Selon les sources, les paiements s'effectuaient soit en liquide lors de réunions à Prague, soit via des cryptomonnaies. Selon des enregistrements audio, Petr Bystron, député de l'AfD, aurait reçu 25 000 euros selon ces révélations. Selon les informations officielles, l'opération aurait été démantelée, et le Conseil de l'Union européenne aurait suspendu toutes les activités de diffusion de Voice of Europe le 17 mai 2024.[20][18]
L'influence idéologique : Dugin, valeurs traditionnelles et convergence
Alexandre Dugin et le néo-eurasianisme
Alexandre Dugin, philosophe et idéologue russe, représente la dimension intellectuelle de la connexion entre la Russie et l'extrême droite européenne. Son ouvrage majeur, "Les Fondations de la géopolitique" (1997), est devenu un texte canonique pour les officiers militaires russes de haut rang. Dugin y développe une vision d'un empire eurasien qui émergerait en niant l'ennemi commun – les États-Unis et leurs valeurs libérales – tout en préservant la diversité ethnique et culturelle de la "civilisation eurasienne".[21]
L'idéologie de Dugin s'enracine dans le mouvement traditionaliste et la Nouvelle Droite européenne, avec des influences de Julius Evola, Heidegger et René Guénon. Il plaide pour une "troisième voie" entre capitalisme et communisme, fondée sur l'orthodoxie, le nationalisme et le rejet de la modernité libérale. Cette vision résonne profondément avec l'extrême droite européenne, qui voit en Poutine un modèle de "leader conservateur fort capable de défendre la tradition et de s'opposer à un Occident décadent".[22][23][21]
Tsargrad, la chaîne de Malofeev, a servi d'intermédiaire pour organiser des rencontres entre politiciens européens d'extrême droite et Dugin, tout en prenant des "mesures clandestines pour dissimuler les liaisons". Dans certains cas, les partis d'extrême droite ont sollicité des conseils de ce qu'ils appelaient leurs "amis russes" pour entraver les propositions anti-russes au Parlement européen. Cette coordination idéologique a facilité une convergence stratégique entre le Kremlin et l'extrême droite européenne sur des questions clés comme l'opposition à l'OTAN, le scepticisme envers l'UE et le soutien à la souveraineté nationale.[16]
Steve Bannon, stratège de Donald Trump et figure influente de l'extrême droite internationale, a cité Dugin favorablement lors d'un discours au Vatican en 2014. Bannon a déclaré que Poutine s'appuyait sur des penseurs eurasianistes "qui remontent à Julius Evola et aux écrivains du début du XXe siècle qui sont vraiment les partisans du mouvement traditionaliste, qui a finalement métastasé en fascisme italien". Pour Bannon, la Russie représente le bastion d'une forme de nationalisme inspiré du catholicisme qu'il prône lui-même. Cette affinité idéologique transcende les frontières nationales et crée une internationale de l'extrême droite dont la Russie est un pôle d'attraction majeur.[24]
Les "valeurs traditionnelles" comme arme politique
Depuis 2012, Vladimir Poutine a intensifié son virage culturellement conservateur, se positionnant comme le défenseur des "valeurs traditionnelles" contre un "Occident satanique". Cette rhétorique, soutenue par l'Église orthodoxe russe et son patriarche Kirill, met l'accent sur la famille traditionnelle, l'opposition aux droits LGBT+, le pro-natalisme et le rejet du féminisme. En 2024, Poutine a déclaré l'année "année de la famille" et a intensifié la législation restrictive, notamment l'interdiction de la "propagande LGBT+" et l'interdiction des transitions de genre.[25][26]
Cette stratégie répond à plusieurs objectifs. Au niveau intérieur, elle renforce la légitimité de Poutine auprès d'une base conservatrice et orthodoxe. Au niveau international, elle positionne la Russie comme un modèle alternatif à la démocratie libérale, attirant les conservateurs occidentaux déçus par ce qu'ils perçoivent comme la décadence morale de leurs sociétés. Poutine et Kirill ont tous deux justifié l'invasion de l'Ukraine en 2022 comme une bataille spirituelle contre l'imposition agressive de valeurs contraires à la nature humaine par l'Occident.[26][25]
Cette rhétorique des valeurs traditionnelles trouve un écho particulièrement fort auprès de l'extrême droite chrétienne américaine et européenne. Des convertis orthodoxes américains dans les Appalaches, étudiés par des anthropologues, voient en Poutine un leader courageux défendant la foi et la famille contre le progressisme. En Europe, des partis comme le FPÖ autrichien, Vox en Espagne et le RN en France partagent cette vision d'une opposition frontale aux droits LGBT+ et au multiculturalisme, créant une convergence idéologique naturelle avec le discours du Kremlin.[23][27][26]
Malofeev a instrumentalisé cette convergence en finançant massivement des organisations "anti-genre" à travers l'Europe via le World Congress of Families. Ces réseaux présentent les droits LGBT+ et l'égalité des genres comme des menaces existentielles pour la civilisation chrétienne, un narratif que la Russie amplifie pour diviser les sociétés européennes et saper la cohésion de l'UE.[28][15]
Les opérations de désinformation et l'ingérence électorale
L'Opération Doppelganger et les élections européennes de 2024
Les services de désinformation russes ont considérablement intensifié leurs activités lors des élections européennes de 2024. L'opération Doppelganger, exposée par EU DisinfoLab, a créé un réseau de "clones" de médias authentiques – au moins 17 fournisseurs de médias incluant Bild, 20minutes, Ansa, The Guardian et RBC Ukraine – en achetant des noms de domaine similaires et en copiant leurs designs. Ces faux sites diffusaient de faux articles, vidéos et sondages ciblant principalement la France et l'Allemagne, avec du contenu supplémentaire en polonais, italien et espagnol.[28]
Les narratifs étaient soigneusement adaptés à chaque pays, se concentrant sur la migration, l'énergie et le climat, la guerre en Ukraine, et la promotion ou le discrédit de partis et candidats spécifiques. En Allemagne, plus de 50 000 faux comptes ont diffusé plus d'un million de tweets pour manipuler l'opinion publique. En France, des campagnes de désinformation pro-RN ont été identifiées, avec le Kremlin suivant "de très près" les résultats électoraux et exprimant sa compréhension des "préférences des électeurs français".[29][30][31][32][28]
Le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a détecté des activités de manipulation et d'interférence de l'information étrangère (FIMI) par l'opération Doppelganger/RRN Media visant spécifiquement à perturber et à interférer avec le processus électoral. Ces activités utilisaient l'intelligence artificielle pour générer du contenu, des deepfakes et une microcible d'audiences segmentées pour maximiser la résonance des messages pro-Kremlin.[33][28]
Ingérence dans les élections nationales : Moldavie, Roumanie, Géorgie (2024)
L'année 2024 a révélé l'ampleur de l'ingérence électorale russe dans trois pays situés à la périphérie de l'influence russe. En Moldavie, les services de sécurité ont découvert une opération massive d'achat de votes orchestrée par Ilan Shor, chef du bloc pro-russe Victoire. Plus de 39 millions de dollars ont été canalisés via la banque sanctionnée Promsvyazbank vers plus de 138 000 citoyens moldaves, principalement via des comptes virtuels. L'opération comprenait également des cyberattaques coordonnées, de fausses alertes à la bombe dans les bureaux de vote de la diaspora en Allemagne et au Royaume-Uni, et le transport illégal d'électeurs depuis la Russie, le Belarus, l'Azerbaïdjan et la Transnistrie.[34][33]
En Roumanie, l'ingérence a pris une forme plus sophistiquée avec l'utilisation de plus de 25 000 comptes TikTok pour promouvoir artificiellement la candidature du politique marginal Calin Georgescu. Ces comptes, coordonnés via des canaux Telegram liés à la Russie, ont exploité les algorithmes de la plateforme pour générer une visibilité massive. Les services de renseignement roumains ont déclassifié des rapports révélant l'utilisation systématique de contenu généré par IA, de fausses nouvelles et de deepfakes pour polluer l'espace numérique.[33]
En Géorgie, l'ingérence a pris une forme plus systémique, avec le parti au pouvoir Rêve géorgien agissant ouvertement en coopération avec des acteurs liés à la Russie. Les observateurs ont signalé une intimidation systématique des électeurs, une utilisation abusive des ressources administratives et un alignement des acteurs locaux sur les narratifs du Kremlin. Contrairement à la Moldavie et à la Roumanie où les gouvernements pro-européens ont résisté aux opérations d'influence, les autorités géorgiennes ont facilité les trois piliers de l'ingérence russe : corruption, désinformation et confrontation intra-sociétale.[34][33]
Ces trois cas confirment que la machine d'ingérence électorale de Moscou n'est pas seulement active, elle s'adapte. Après ses revers militaires en Ukraine, la Russie revient aux schémas de guerre hybride qu'elle a largement utilisés dans les années 2010 : manipulation de l'information, ingérence secrète et perturbation stratégique de la cohésion démocratique.[33][34]
Techniques de désinformation
La Russie déploie un arsenal diversifié de techniques pour manipuler l'information et l'opinion publique en Europe. Les tactiques incluent la désinformation (fausses informations délibérées), la mésinformation (informations inexactes sans intention malveillante), la malinformation (informations vraies mais utilisées pour nuire) et la propagande. Le Kremlin crée ou amplifie de faux narratifs via des médias contrôlés par l'État (RT, Sputnik), des usines à trolls, des réseaux de bots, des ONG affiliées politiquement, des figures cléricales et des influenceurs.[35][28][34][33]
Les narratifs les plus répandus à travers toutes les élections présentent l'Union européenne comme une menace pour la souveraineté nationale, la stabilité économique et les valeurs traditionnelles. Les campagnes de désinformation encadrent l'UE comme un projet étranger qui sape l'identité nationale et les structures familiales. En Moldavie et en Géorgie, l'héritage des conflits non résolus a été exploité pour raviver la peur et l'instabilité. Les narratifs pro-russes soulignent la position solide de Moscou en tant que partenaire géopolitique et présentent l'OTAN comme un agresseur.[34]
Une technique particulièrement efficace consiste à inonder l'espace informationnel avec des contenus contradictoires. Lors de l'empoisonnement de Sergei et Yulia Skripal au Royaume-Uni en 2018, le réseau de propagande russe a produit jusqu'à 24 histoires distinctes comme explications possibles de ce qui s'est passé. Cette multiplication de récits concurrents vise non pas à convaincre, mais à semer la confusion, éroder la confiance dans les institutions et créer un environnement où la vérité devient indiscernable.[36]
Les connexions paramilitaires : Wagner et les réseaux extrémistes
Le Groupe Wagner et le recrutement dans l'extrême droite
Le Groupe Wagner, société militaire privée russe contrôlée par l'État, a établi un système de recrutement sophistiqué qui exploite l'écosystème de l'extrême droite et des sports de combat. Wagner enrôle des combattants avec des promesses de récompenses financières, d'opportunités de carrière et de points de vue idéologiques partagés comme le nationalisme ou le patriotisme. Pour les combattants issus de milieux économiquement défavorisés, rejoindre Wagner offre une alternative lucrative à la poursuite d'une carrière incertaine dans le sport professionnel.[37]
Le réseau de recrutement est un système typique ascendant. Les salles de sport partagées par les canaux Wagner ne sont pas des centres construits par la société militaire privée, mais des centres sportifs spécialisés et déjà actifs, bien connus dans l'environnement et qui, surtout, disposent de systèmes publicitaires préexistants. Ces centres se sont alignés sur Wagner pour des raisons idéologiques, telles que l'ultranationalisme et l'extrémisme de droite, et forment une partie significative du réseau de recrutement.[37]
Wagner utilise les compétitions d'arts martiaux mixtes (MMA) comme forums de propagande. Les combattants affiliés à Wagner participent à ces événements, qui reçoivent une large couverture sur les réseaux sociaux, élargissant l'audience et l'impact du groupe. Il est intéressant de noter que malgré ces idéologies contradictoires, les recruteurs de Wagner exploitent les besoins économiques de sujets déjà violents et radicalisés en les attirant avec la perspective de mener une "vie d'aventurier". L'idéologie extrémiste devient un outil simplement attractif et fonctionnel pour recruter de nouveaux mercenaires.[37]
Task Force Rusich et les connexions néo-nazies
Au sein de Wagner, un groupe paramilitaire affilié néo-nazi appelé Rusich épouse également des points de vue idéologiques extrémistes et aurait des connexions avec des organisations suprémacistes blanches. Sur Telegram et Vkontakte, un site de médias sociaux russe, les publications sur les canaux Rusich incluent l'utilisation de la swastika slave, ou kolovrat, ainsi que des liens vers des organisations extrémistes comme le Mouvement impérial russe et l'Unité nationale russe. Ces liens suggèrent au moins un certain degré de points communs entre les membres de Wagner et les organisations extrémistes connues en Russie.[38]
Il existe des preuves suggérant des liens indirects entre Wagner et le Mouvement impérial russe, principalement via Task Force Rusich, qui a été formée par deux individus ayant été formés avec le RIM. Task Force Rusich est un groupe paramilitaire néo-nazi qui s'est formé pour soutenir les séparatistes pro-russes dans le Donbass en 2015. De plus, des membres de Rusich auraient combattu avec Wagner à Palmyre, en Syrie, à une date inconnue.[38]
Opérations de sabotage en Europe
Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, Wagner et d'autres groupes affiliés au GRU (renseignement militaire russe) ont été impliqués dans des opérations de sabotage à travers l'Europe. En septembre 2025, la police polonaise a annoncé l'arrestation de deux hommes qui auraient été recrutés pour incendier un entrepôt lié à l'Ukraine, alléguant qu'ils avaient été recrutés par le Groupe Wagner.[39]
Derrière ces opérations se trouve une unité affiliée au GRU connue sous le nom de Centre de renseignement Melodiya. Le centre était responsable d'un bot de recrutement similaire en 2024 qui incluait le fictif Œil de Sauron du film Le Seigneur des Anneaux. Une grande partie du recrutement et de la coordination pour ces groupes est effectuée par Redut, une entreprise secrète créée par le GRU dans les mois précédant la mort d'Evgueni Prigojine en août 2023.[39]
Ces connexions entre Wagner, l'extrême droite européenne et les opérations de renseignement russes illustrent comment Moscou exploite les milieux extrémistes pour mener une guerre hybride contre l'Europe. Le recrutement de combattants étrangers, l'idéologie néo-nazie et les opérations de sabotage forment un écosystème complexe où les frontières entre organisation criminelle, groupe paramilitaire et service de renseignement d'État sont délibérément floues.
Les objectifs stratégiques russes : Diviser l'Europe et affaiblir l'OTAN
La stratégie de guerre hybride permanente
La Russie a développé une stratégie de guerre hybride permanente contre l'Europe, conçue pour fonctionner en dessous du seuil de la guerre conventionnelle tout en produisant des effets stratégiques significatifs. Cette approche, formalisée dans la doctrine militaire russe sous le terme de "mesures actives", mélange des moyens non militaires avec la force militaire dans un ratio défini par Valery Gerasimov, chef de l'état-major général russe.[40][41][42]
Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, les opérations de guerre hybride de la Russie contre l'Europe ont considérablement augmenté. Conventionnellement inférieure, la Russie joue dans la "zone grise" pour saper le soutien public à l'Ukraine et l'unité dans l'UE et l'OTAN. L'objectif stratégique de Moscou est de contester les mécanismes de sécurité collective de l'OTAN et de l'UE et, par conséquent, de remodeler l'architecture de sécurité européenne selon ses propres intérêts.[42]
La Russie poursuit ainsi un jeu à long terme, manipulant les perceptions des menaces, alimentant les crises politiques, perturbant et entravant la résistance à son agression contre l'Ukraine au niveau européen et au sein de pays individuels. À cette fin, Moscou recourt à des opérations cybernétiques, des campagnes de désinformation, des sabotages d'infrastructures critiques d'énergie, de transport ou de marché financier, des attaques contre des installations militaires et gouvernementales, ou l'instrumentalisation du sentiment anti-immigration.[42]
Diviser pour régner : Fragmenter l'UE et l'OTAN
La stratégie russe de soutien aux partis d'extrême droite en Europe fait partie d'un effort pragmatique à long terme pour fragmenter et affaiblir l'Union européenne. Poutine peut condamner les "fascistes" en Ukraine et applaudir les partis d'extrême droite européens dans le même souffle parce que, pour le Kremlin, tout ce qui affaiblit une Europe unie est une bonne chose. Depuis Staline, la politique étrangère de la Russie a été plus pragmatique qu'idéologique. La droite et la gauche ne font aucune différence : l'objectif de Poutine est de semer la dissension et la discorde au sein des rangs de l'Europe et d'éroder l'unité de l'UE.[43]
Les forces eurosceptiques et anti-OTAN travaillent déjà en faveur de la Russie – tout ce que Poutine doit faire est de les encourager. Alexis Tsipras, Premier ministre grec, a visité la Russie plusieurs fois depuis l'ascension de son parti de gauche Syriza en janvier 2015, recevant un accueil chaleureux de Poutine et de son entourage d'oligarques à chaque fois. En mars 2015, les dirigeants d'une douzaine de partis d'extrême droite européens se sont réunis à Saint-Pétersbourg pour rendre hommage à la politique étrangère militariste de Poutine et à sa politique intérieure sectaire, espérant peut-être recevoir eux aussi des prêts.[43]
La Russie utilise ses tactiques hybrides pour atteindre quatre objectifs fondamentaux qui ont pour effet de saper les intérêts américains et européens. Premièrement, saper la cohésion de l'OTAN par des opérations secrètes et dégageables. Les évaluations du CEPA montrent que la Russie emploie des tactiques d'ombre spécifiquement pour cibler la cohésion – l'ingrédient essentiel de la dissuasion de l'OTAN. Deuxièmement, affaiblir les résolutions de l'ONU condamnant l'activité russe. Troisièmement, faire pression sur les petits États pour éviter de se ranger du côté de l'Occident. Quatrièmement, recadrer les mesures défensives des États-Unis et de l'OTAN comme étant escalatoires.[44]
L'architecture de sécurité européenne : Le projet à long terme
Depuis la guerre froide, la Russie défend le concept d'une architecture de sécurité européenne unique, envisagée comme un cadre de coopération s'étendant "de l'Atlantique à l'Oural" et fondée sur le principe de "sécurité indivisible" – c'est-à-dire la notion qu'aucun État ne devrait renforcer sa sécurité aux dépens d'un autre. Cette vision, articulée pour la première fois dans les années 1970 et affinée au cours de décennies de changements géopolitiques, reflète l'objectif stratégique de la Russie de contester et de saper les structures de sécurité dominées par l'Occident, en particulier l'OTAN, et d'assurer son rôle de partenaire égal en Europe.[45]
Les racines de la vision de la Russie se trouvent dans l'Acte final d'Helsinki de 1975, signé par 35 nations dans le cadre de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE). Ce document a intégré le principe de "l'indivisibilité de la sécurité", un concept que l'Union soviétique a exploité pour légitimer sa sphère d'influence d'après-guerre en Europe de l'Est. Mikhaïl Gorbatchev a construit sur l'idée d'Helsinki et l'a transformée en une vision géopolitique plus substantielle avec son concept de "Maison commune européenne" en 1989.[45]
Sous Poutine, cette vision est devenue non seulement aspirationnelle mais réactive – un cadre invoqué pour contester la légitimité d'un ordre euro-atlantique perçu comme irrévocablement antagoniste aux intérêts russes. En décembre 2021, dans le contexte d'une crise croissante concernant l'Ukraine, la diplomatie russe a exigé des garanties de sécurité formelles des États-Unis et de l'OTAN. Les propositions – des projets de traités publiés par le ministère russe des Affaires étrangères – demandaient un moratoire sur l'expansion de l'OTAN et un retrait des déploiements militaires alliés près des frontières russes.[45]
L'invocation persistante par la Russie de la sécurité indivisible a rencontré une résistance durable dans les capitales occidentales qui la voient pour ce qu'elle est vraiment : moins un appel à un équilibre équitable qu'un cheval de Troie – un instrument de subversion institutionnelle, conçu pour diluer la cohérence de l'OTAN et étendre la sphère d'influence de la Russie sous couvert d'égalité juridique. Mais l'érosion complète de la confiance après les agressions de la Russie contre la Géorgie (2008), la Crimée (2014) et l'Ukraine (2022) a rendu la crédibilité de Moscou en tant que co-architecte de la paix effectivement intenable en termes politiques.[45]
Objectifs tactiques : Éroder le soutien à l'Ukraine
Au-delà de ces objectifs stratégiques à long terme, la Russie poursuit des objectifs tactiques immédiats liés à la guerre en Ukraine. L'intensification de sa guerre hybride contre l'Europe sert d'outil stratégique dans sa campagne militaire globale. Cependant, saper l'Occident n'est pas seulement un objectif auxiliaire ; c'est un objectif primordial. Une UE et une alliance OTAN robustes bloqueraient les efforts de la Russie pour rétablir son influence en Europe centrale et orientale.[40]
C'est pourquoi la Russie recourt à ses diverses tactiques de guerre hybride contre les sociétés européennes. Elle vise à instiller le doute quant à leur capacité à réussir, à infliger des difficultés perçues qui rendent le soutien à l'Ukraine moins attrayant, et à renforcer les alliés populistes qui défendent des récits pro-russes, qu'il s'agisse de partis au pouvoir en Hongrie ou en Slovaquie ou de groupes d'opposition en Allemagne et ailleurs.[40]
Du point de vue du Kremlin, le raisonnement semble simple. En employant un ensemble complet de stratégies de guerre hybride, la Russie vise à transmettre qu'elle possède à la fois la capacité et la détermination de rendre les coûts du soutien à l'Ukraine intolérables pour l'Europe. Si le soutien européen à Kiev diminue, la Russie peut soit obtenir une victoire pure et simple sur le champ de bataille, soit contraindre l'Ukraine à faire des concessions humiliantes à la table des négociations. De tels résultats mineraient la crédibilité et le moral européens, permettant à Moscou de dicter les termes pour remodeler le cadre de sécurité du continent conformément à l'un des thèmes favoris du Kremlin – la "sécurité indivisible".[40]
Les cas nationaux : Hongrie, Autriche et Royaume-Uni
La Hongrie de Viktor Orban : Un allié au sein de l'UE
Selon les analyses, Viktor Orban représenterait un cas d'un dirigeant d'un État membre de l'UE et de l'OTAN dont les positions s'aligneraient selon certaines sources sur les intérêts russes. Avant janvier 2025, le Premier ministre hongrois aurait été le seul dirigeant européen à visiter Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Selon les données publiques, la Hongrie serait également le seul pays à avoir augmenté la quantité d'approvisionnement énergétique provenant de Russie et le nombre de personnel diplomatique dans l'ambassade russe.[46]
Selon les statistiques, la dépendance énergétique de la Hongrie envers la Russie serait importante : 80% de son gaz et de son pétrole, et 100% de son combustible nucléaire proviendraient de Russie, le commerce bilatéral total entre la Hongrie et la Russie contribuant selon les estimations à environ 5 milliards de dollars par an à l'économie russe. Selon les observations, Orban aurait régulièrement bloqué ou retardé les positions de l'UE critiques envers la Russie, notamment les paquets de sanctions et l'aide militaire à l'Ukraine. En novembre 2025, selon les sources, il aurait rencontré Poutine à Moscou pour sécuriser des garanties d'approvisionnement énergétique à long terme.[47][48][49]
Selon les analyses, la politique d'Orban s'inscrirait dans ce qu'il appelle la "politique d'ouverture orientale", annoncée en 2010, qui aurait priorisé la Russie comme allié selon certains observateurs. L'accord bilatéral de 2013-2014 sur la centrale nucléaire de Paks en Hongrie aurait selon les sources soulevé des questions sur le risque que la Hongrie devienne financièrement dépendante de la Russie pour plus de quelques décennies.[50]
Selon les analyses, la relation d'Orban avec Poutine irait au-delà de considérations purement économiques. Selon les observateurs, les deux dirigeants partageraient une méfiance envers les institutions démocratiques libérales et la surveillance multilatérale. Selon les rapports, Orban aurait selon certaines analyses érodé les institutions démocratiques en centralisant la propriété des médias, en restreignant les ONG, en politisant le pouvoir judiciaire et en modifiant les lois électorales pour consolider le règne du Fidesz. Selon les analyses, cette solidarité autoritaire créerait selon certains observateurs une affinité avec le régime de Poutine.[48]
En décembre 2025, lors d'une visite à Moscou selon les sources, Orban aurait rencontré des responsables russes de haut rang, dont Yuri Ouchakov, qui ferait partie de l'équipe de négociation russe avec les États-Unis. Dans une lettre à Ursula von der Leyen selon les révélations, le dirigeant hongrois aurait exhorté à des négociations de paix immédiates et inconditionnelles, plaidant pour que l'UE entame des pourparlers directs avec le Kremlin, se serait opposé à tout financement supplémentaire de l'UE pour l'Ukraine et aurait rejeté la notion d'utiliser des avoirs russes gelés pour soutenir la défense ukrainienne.[47]
L'Autriche : Le FPÖ au pouvoir
Selon les analyses, l'Autriche présenterait un autre cas préoccupant avec la montée en puissance du FPÖ. Comme décrit précédemment, le parti entretiendrait selon les sources des liens avec la Russie depuis les années 1990, qui se seraient selon les observations intensifiés au cours des deux dernières décennies. Selon les sources, l'accord d'amitié de 2016 avec Russie Unie et le scandale d'Ibiza de 2019 auraient révélé l'étendue de ces connexions.[9][8][10]
Selon les déclarations, Peter Gridling, ancien chef de l'agence de renseignement intérieur autrichienne (BVT), aurait averti que les liens du FPÖ avec la Russie pourraient déstabiliser l'infrastructure de sécurité autrichienne et éroder la coopération internationale. Herbert Kickl, chef du parti et potentiel futur chancelier, nie fermement être pro-russe selon ses déclarations, décrivant la position du FPÖ comme "il n'y a pas de proximité russe, juste une proximité neutre", s'alignant sur la neutralité constitutionnelle de l'Autriche et son statut de non-membre de l'OTAN. Selon ses déclarations, il argue que son opposition aux sanctions de l'UE et à l'OTAN serait fondée sur des raisons économiques, et non sur un alignement idéologique.[8]
Cependant, selon les analyses, les éléments documentés suggèreraient une relation plus profonde. Selon les révélations, les enquêtes de 2021 auraient révélé qu'Egisto Ott, qui aurait selon les sources eu des liens avec le scandale Wirecard, aurait offert à Hans-Jörg Jenewein un poste de lobbyiste après avoir quitté le Parlement. Selon les révélations, Jan Marsalek, l'ancien cadre de Wirecard recherché internationalement pour crime financier, aurait utilisé ses connexions FPÖ pour une couverture politique et pour s'engager dans des activités de renseignement impliquant la Russie. Selon les sources, le plus troublant serait l'affirmation qu'Ott aurait transmis des informations sensibles à des intérêts russes, notamment la formule de l'agent neurotoxique Novitchok, qu'il aurait selon les révélations partagée avec Marsalek.[8]
Selon les sources, en 2019, Kickl lui-même aurait visité Moscou, où il aurait rencontré des responsables russes pour discuter du contre-terrorisme et de la migration, renforçant selon les analyses les liens du FPÖ avec le Kremlin. Lors de cette visite selon les sources, Kickl aurait reçu une dague navale cérémonielle, qu'il aurait selon les révélations prise comme sa propriété personnelle. Selon les analyses, cela aurait soulevé d'autres questions sur sa relation avec la Russie, en particulier compte tenu des visites fréquentes du FPÖ à Moscou et de la signature d'un "accord d'amitié" avec le parti Russie Unie de Vladimir Poutine en 2016.[8]
Selon les analyses, les citoyens autrichiens attendraient de leur gouvernement qu'il agisse dans leur meilleur intérêt, mais les liens du FPÖ avec la Russie et l'implication présumée dans l'espionnage auraient selon les sources soulevé des doutes quant à la capacité du parti à assurer la sécurité nationale. Selon les observations, les connexions continues de Kickl avec le Kremlin, ainsi que l'engagement avec des oligarques russes et des ultranationalistes, approfondiraient selon certaines analyses les craintes quant au rôle du FPÖ dans la formation de la trajectoire politique de l'Autriche, en particulier en mettant en péril selon certains observateurs les institutions démocratiques et en ruinant les relations avec ses autres alliés.[8]
Le Royaume-Uni : Farage et Reform UK
Selon les sources, Nigel Farage, leader du parti Reform UK et figure centrale du Brexit, entretiendrait une relation que certains observateurs qualifient de controversée avec la Russie. Selon les déclarations publiques, Farage aurait exprimé son admiration pour Poutine comme "opérateur politique" dès 2014, déclarant selon les sources : "En tant qu'opérateur politique, mais pas en tant qu'être humain, je l'admire parce qu'il a réussi à prendre le contrôle de la Russie". En juin 2024, selon les sources, Farage aurait réitéré qu'il "n'aimait pas [Poutine] en tant que personne" mais admirait ses compétences politiques, et aurait soutenu que la politique occidentale avait donné au Kremlin une "excuse" pour envahir l'Ukraine.[51]
Selon les sources, Farage aurait régulièrement fait des apparitions sur Russia Today (RT), le service de télévision contrôlé par l'État, qui l'aurait selon certaines révélations payé pour ses services et aurait amplifié chaque discours qu'il a prononcé en tant que député européen au Parlement européen. Selon les sources, RT aurait également offert à Farage sa propre émission de télévision après le référendum sur l'UE. Selon les observations, Farage aurait encadré le conflit en Ukraine comme une conséquence de l'expansion de l'OTAN et de la provocation occidentale et, ce faisant, aurait selon certains analyses défendu la guerre de Poutine.[51]
Lors d'une conférence de presse le 12 décembre 2025 selon les sources, Farage aurait répondu à une question d'une manière qui l'aurait amené selon certains observateurs à être accusé de répéter des points de discussion russes. Bien que dans d'autres réponses Farage ait selon les sources pris soin de se distancer de Poutine et de sa guerre, il aurait selon les révélations attaqué le président ukrainien Zelensky en disant selon les sources : "Qui sait combien de temps il va durer, vous savez, parce que nous avons toujours su que l'Ukraine est l'un des pays les plus corrompus au monde...".[51]
Selon les sources, le principal donateur de Reform UK, Christopher Harborne, présenterait des connexions que certains observateurs qualifient de troublantes. Selon les enquêtes, la fortune de Harborne serait selon les révélations mêlée à une grande plateforme vidéo hébergeant des diffuseurs d'État russes qui soutiendraient selon les analyses la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine. Selon les sources, ces diffuseurs soutiendraient également une opération d'influence majeure lancée selon les rapports par le renseignement russe. Selon les révélations, l'enjeu de Harborne dans Tether le lierait à Rumble, une plateforme de "liberté d'expression" qui aurait selon les informations refusé d'interdire les médias d'État russes après l'invasion et aurait depuis selon les sources hébergé une opération d'influence soutenue selon les révélations par le Kremlin et exposée par le ministère américain de la Justice.[52]
Selon les informations publiques, Nathan Gill, ancien député européen du Brexit Party et ancien chef du UKIP au Pays de Galles, aurait été reconnu coupable de corruption liée à des déclarations pro-russes au Parlement européen. Selon les sources, le Premier ministre Keir Starmer aurait exhorté Farage à "lancer rapidement une enquête sur son parti" pour déterminer s'il existe "d'autres liens entre son parti et la Russie". Selon les déclarations, Farage aurait exprimé sa confiance qu'aucun membre de ses partis passés ou présents ne se serait engagé dans une conduite similaire à celle de Gill.[53][54]
Selon les analyses, les dossiers publics ne montreraient pas de liens financiers, opérationnels ou organisationnels vérifiés entre Farage et l'État russe. Cependant, selon les observations, ses positions de politique étrangère – euroscepticisme, critique de l'expansion de l'OTAN et doutes sur les sanctions – s'aligneraient parfois selon certaines analyses sur les points de discussion russes, bien qu'elles découleraient selon les observateurs de points de vue intérieurs de longue date. Selon les analyses, l'expression "marionnette russe" fonctionnerait principalement comme une caractérisation politique, et non comme une allégation fondée.[53]
Conclusion : Une menace multidimensionnelle pour la démocratie européenne
Les liens entre la Russie et l'extrême droite européenne constituent une menace multidimensionnelle et évolutive pour la démocratie et la sécurité européennes. Cette relation n'est ni accidentelle ni opportuniste, mais résulte d'une stratégie délibérée et à long terme du Kremlin visant à fragmenter l'Union européenne, affaiblir l'OTAN et remodeler l'architecture de sécurité européenne selon les intérêts russes.
La convergence d'intérêts
La convergence entre la Russie et l'extrême droite européenne repose sur plusieurs piliers. Premièrement, un alignement idéologique autour des "valeurs traditionnelles", de l'opposition aux droits LGBT+, du rejet du multiculturalisme et de la défense d'un nationalisme ethnique fort. Deuxièmement, un euroscepticisme partagé et une hostilité envers l'OTAN, perçus comme des instruments de domination américaine et de perte de souveraineté nationale. Troisièmement, une admiration commune pour le modèle autoritaire incarné par Poutine, présenté comme un leader fort défendant son pays contre la décadence occidentale.
Cette convergence idéologique facilite la coopération pratique. Les partis d'extrême droite bénéficient de financements russes, de plateformes médiatiques pour amplifier leurs messages, de soutien lors des campagnes électorales et de légitimation internationale. En retour, ils défendent les intérêts russes au sein des institutions européennes, bloquent ou retardent les sanctions contre Moscou, sapent le soutien à l'Ukraine et diffusent des narratifs pro-Kremlin auprès de leurs électorats.
L'ampleur de la pénétration
Selon les analyses, les éléments documentés révéleraient une pénétration présumée de l'extrême droite européenne par les intérêts russes. Du financement direct présumé via des prêts bancaires suspects en France, Italie et Hongrie, aux paiements présumés d'eurodéputés via Voice of Europe, en passant par l'organisation présumée de voyages et de rencontres à Moscou pour les dirigeants de l'AfD et du FPÖ, le réseau d'influence russe présumé serait vaste et opèrerait selon les analyses à plusieurs niveaux.
Selon les sources, les oligarques russes, en particulier Konstantin Malofeev, agiraient selon les révélations comme intermédiaires, canalisant selon les analyses des fonds vers des partis, des organisations "anti-genre" et des mouvements ultranationalistes. Selon les rapports, les opérations de désinformation cibleraient les élections européennes et nationales avec une sophistication croissante selon les analyses, utilisant l'intelligence artificielle, les faux sites médiatiques et les réseaux d'influenceurs. Selon les sources, les connexions paramilitaires via Wagner et Rusich exploiteraient selon les révélations les milieux extrémistes pour le recrutement et les opérations de sabotage.
Les objectifs stratégiques de la Russie
L'instrumentalisation de l'extrême droite s'inscrit dans la stratégie plus large de guerre hybride de la Russie contre l'Europe. Les objectifs sont multiples et s'entrecroisent. À court terme, affaiblir le soutien européen à l'Ukraine et diviser l'opinion publique sur les sanctions contre Moscou. À moyen terme, fragmenter l'UE en soutenant les forces eurosceptiques et en exacerbant les tensions entre États membres. À long terme, remodeler l'architecture de sécurité européenne en affaiblissant l'OTAN et en imposant une sphère d'influence russe en Europe orientale.
La Russie ne cherche pas simplement à soutenir des candidats pro-russes, mais à éroder la confiance dans les institutions démocratiques, approfondir les fractures sociétales et miner le modèle démocratique de l'Ouest de l'intérieur. Poutine parie sur l'érosion à long terme de l'unité européenne et du soutien à l'Ukraine, et sur le fait que le rôle des États-Unis – en Europe et dans le monde – diminuera.[55][33][34]
Les vulnérabilités européennes
Le succès relatif de cette stratégie russe révèle des vulnérabilités structurelles au sein de l'Europe. La dépendance énergétique de certains États membres comme la Hongrie et l'Autriche crée des leviers d'influence pour Moscou. La fragmentation politique et l'essor des mouvements populistes offrent des points d'entrée pour l'ingérence russe. Les divisions sur la migration, l'identité et la souveraineté nationale fournissent du matériel exploitable pour les campagnes de désinformation. Le financement opaque des partis politiques permet aux fonds russes de circuler sans détection adéquate.
Les réponses européennes restent largement défensives et réactives. Bien que l'UE et l'OTAN aient reconnu l'ampleur du problème dans leurs déclarations et stratégies, et aient lancé de multiples initiatives pour contrer les attaques hybrides russes – notamment la Boîte à outils hybrides de l'UE, le projet EUvsDisinfo, la Cellule de coordination des infrastructures sous-marines critiques de l'OTAN, sa Mission Baltic Sentry et la plateforme NorthSeal –, ces efforts peinent à suivre l'évolution et l'adaptation des tactiques russes.[42]
Les recommandations pour l'action
Face à cette menace, plusieurs axes d'action s'imposent. Premièrement, renforcer la transparence du financement des partis politiques et interdire les prêts en provenance d'États autoritaires. Deuxièmement, améliorer la détection et l'attribution des opérations de désinformation, avec des sanctions coordonnées contre les acteurs identifiés. Troisièmement, durcir les infrastructures critiques – ports, lignes ferroviaires, réseaux énergétiques et câbles sous-marins – contre les sabotages. Quatrièmement, établir un mécanisme dédié pour que l'UE et les États-Unis élaborent des réponses conjointes aux opérations hybrides, incluant une échelle d'escalation hybride qui lie l'agression russe spécifique à des réponses prédéfinies et proportionnelles.[44]
Cinquièmement, investir dans la résilience sociétale par l'éducation aux médias, le fact-checking et la promotion d'un débat public sain. Sixièmement, coordonner les expulsions de diplomates et d'agents de renseignement russes identifiés comme participant à des activités d'influence. Septièmement, sanctionner les oligarques et les réseaux impliqués dans le financement de l'extrême droite, en ciblant leurs actifs immobiliers et leurs investissements à l'étranger.
L'urgence de la mobilisation
L'invasion de l'Ukraine en 2022 a marqué un tournant, mais n'a pas mis fin à l'instrumentalisation de l'extrême droite par la Russie. Au contraire, cette stratégie s'est intensifiée et sophistiquée. Les élections de 2024 en Moldavie, Roumanie et Géorgie ont démontré que la machine d'ingérence électorale de Moscou est non seulement active, mais s'adapte et évolue. Les connexions financières, idéologiques et opérationnelles entre le Kremlin et l'extrême droite européenne continuent de se développer malgré l'attention accrue.[33][34]
L'Europe ne peut plus se permettre de traiter cette menace comme un problème marginal ou secondaire. Les liens entre la Russie et l'extrême droite constituent une dimension centrale de la guerre hybride que le Kremlin mène contre le continent. Comme l'a noté un expert, "l'UE n'est peut-être pas en guerre avec la Russie, mais la Russie est définitivement en guerre avec l'UE maintenant". Cette guerre n'est pas conventionnelle, mais elle n'en est pas moins réelle ou dangereuse. En 2025, l'Europe doit peut-être se battre dans les chats Telegram, le contre-espionnage, les canaux financiers suspects et les flux monétaires, le contre-terrorisme et la défense anti-drones.[41]
Selon les analyses, la préservation de la démocratie européenne, de l'unité de l'UE et de la cohésion de l'OTAN face à cette menace exigerait une mobilisation sans précédent. Selon les sources, les éléments documentés des liens présumés entre la Russie et l'extrême droite suggèreraient selon certaines analyses qu'il s'agirait d'une stratégie délibérée, systématique et à long terme visant selon ces analyses à affaiblir l'Europe de l'intérieur. Selon les observateurs, la réponse européenne devrait être à la hauteur de ce défi existentiel.
Sources et références
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